Pale rider

Eastwood nous refait le coup de l’ange exterminateur de «L’homme des hautes plaines», qu’il réalisa lui-même en 1973. Un cavalier, aussi pâle et implacable que la mort, débarque dans un coin sauvage de l’Ouest où de grosses compagnies minières prospères engagent des tueurs pour se débarrasser des modestes mineurs qu’ils veulent spolier de leurs terres. Une petite fille prie et un cavalier arrive.., un justicier solitaire, presque irréel.Pale rider On patauge dans le mythe un peu simpliste, mais avec quelle maestria. Clint Eastwood (sans rapport avec ses feuilletons TV style «Rawhide» ou sa période spaghetti-westerns avec Sergio Leone) semble retourner à ses racines tout en venant au secours d’un genre moribond. Le résultat séduit parce qu’il rassure comme une variation sur un air connu (ici le Bien contre le Mal, le justicier contre le shérif corrompu, etc.) qui deviendrait une mélodie originale à force de sensibilité. Eastwood a recréé un monde et lui a donné la lumière qui convenait. Les intérieurs gardent la chaleur glauque des pénombres éclairées par deux ou trois petites lampes à pétrole. Et les visages, loin des maquillages hollywoodiens qui vous resculptent un visage, expriment superbement la grâce naturelle des peaux marquées par le temps qui passe et la rudesse de la vie.« Pale rider» est un bien beau western. Sorti presque en même temps que le «Silverado» de Laurence Kas dan, les deux films ne connurent, malheureusement, que des succès d’estime. Pas de quoi remettre à la mode un genre sur lequel les producteurs ne veulent plus miser !

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