Mado : recherche look

madoOn l’a quittée aux plus belles heures de sa période «loubarde chic bardée de crucifix» alors qu’elle amorçait une carrière cinématographique prometteuse. Héroïne de «Recherche Susan, désespérément», qui sort aujourd’hui chez GCR, Madonna se paie alors le luxe de voler la vedette à Rosanna Arquette au grand dam des admirateurs de celle-ci. Oubliée, la provocante créature qui se roule par terre en susurrant «Like a virgin». Le 7e art, et la réalisatrice Susan Seidel-man, tombent à point pour Madonna qui est enfin prise au sérieux. On ne raille plus son arrivisme, un terme qui disparaît de la terminologie madonnienne pour être remplacé par «ambition tenace». La demoiselle en question ne fait d’ailleurs pas mystère de l’objectif qui lui tient le plus à cœur : «Je ne veux pas être riche, déclare-t-elle alors, je veux être célèbre. 1986 sera mon année, vous verrez. Quand j’aurai 45 ans, je ne souhaite pas tellement être une pop star. Mais j’espère bien être une grande actrice». Aussitôt cette phrase historique prononcée, Madonna prouve son attachement inébranlable à la profession cinématographique en épousant un de ses membres, le belliqueux Sean Penn, célèbre pour ses rixes avec les photographes. Adepte du dicton « Pour vivre heureux, vivons cachés», le couple infernal se fait un honneur d’éviter les journalistes trop indiscrets. Histoire de ne pas perdre la main, Madame consacre ensuite six mois à l’enregistrement de «Trueblue», son nouvel album, tandis que Monsieur tourne « At close range » sous la direction de James Foley. Et sitôt ces tâches expédiées, nos tourtereaux décident d’unir leurs talents dans «Shanghai surprise», une comédie réalisée par Jim Goddard et produite par l’ex-Beatle George Harrison. C’est à cette occasion que Madonna exhibe son nouveau look, à savoir les cheveux courts blond platine ainsi qu’une garde-robe directement inspirée des années 50. Marilyn, vous avez dit Marilyn ? La comparaison avec sa glorieuse aînée est aussitôt évoquée. Les puristes se font même un devoir de rappeler que le syndrome Marilyn hantait déjà Madonna depuis 1984, lorsque pour les besoins de son clip «Material girl», la jeune chanteuse s’était ouvertement inspirée d’un tableau tiré des «Hommes préfèrent les blondes». Cette nouvelle orientation ne manque pas de surprendre une bonne partie des fans de la première heure. Madonna, elle, n’en a cure de ces sautes d’humeur qu’elle sait transitoires. Elle semble avoir parfaitement senti la perte de crédibilité la menaçant si elle avait persisté dans le côté «Je choque et je provoque, donc je suis». Et, en parfaite connaisseuse des médias, elle connaît mieux que quiconque les énormes retombées publicitaires chaque fois qu’une star adopte un nouveau look. Malheureusement, sa composition de missionnaire bigote, plongée dans le Shanghai des années 30, déroute un bonne partie du public américain qui boude «Shanghai surprise». Une (relative) désaffection qui n’entame visiblement pas le moral de la Miss qui s’apprête à tourner, cet automne, «Slammer», une comédie. Côté chanson, ça ne va pas trop mal non plus, son 45 t. «Papa don’tpreach» est classé aux premières places des hit-parades du monde entier. Un raz-de-marée relayé par le clip de la même chanson. Elle y incarne une jeune fille qui ne sait pas comment annoncer à son père sa décision de garder l’enfant qu’elle attend. Danny Aiello, son père dans le clip, ne se fait pas prier pour clamer tout le bien qu’il pense d’elle : «Cette fille est une superstar, elle est complètement en accord avec son image qu’elle domine tout à fait.» Aiello raconte une anecdote révélatrice sur sa partenaire. A l’issue du tournage du clip, il lui lance : «Madonna, j’ai l’impression qu’on peut voir ton cœur rien qu’en regardant tes yeux». Réponse de l’intéressée : «Oh, tu sais, je ne suis pas aussi douce…»

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